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Avant de commencer, je souhaite beaucoup de courage à celui ou celle qui lira l'entier de cet « article ». Je suis sûr qu'il y en a qui décrocheront après la 10ème ligne et c'est compréhensible ! Pour les masos et bien, bon courage !


Alors voilà, je m'appelle Laurent dit « Peruzzi » ou encore « ma couille » pour les intimes.

J'ai 27 ans, j'habite dans un petit village de 500 habitants près de Morges au bord du lac Léman.

Commençons par le commencement ! Jusqu'à l'âge de 3 ans, aucun mot n'est sorti de ma bouche. Mes parents se sont beaucoup inquiétés. Est-il autiste, muet ou tout simplement débile ? La 3ème solution me paraît la plus juste !

Toujours est-il que je me suis énormément rattrapé depuis et je ne compte plus le nombre de fois ou je me suis fais sortir de la classe pendant ma scolarité. J'étais un « perturbateur », une « plaie » selon certains profs. Conneries ! Juste un petit gars qui avait besoin de s'exprimer.

C'est donc à l'âge de 3 ans qu'on m'a mis la première fois sur des skis.

Je me rappelle comme si c'était hier. C'était à « Cima Bussola », dans le Val d'Aoste, une magnifique région au nord de l'Italie d'où je suis originaire. J'ai appris le ski avec mon père et surtout avec un prof de là-bas, un vrai montagnard comme je les adore. Son nom : Graton ! J'ai jamais connu son vrai nom et pourquoi on le surnommait comme ça. C'est lui qui m'a donné le goût au ski. A l'époque, pour me récompenser de mes descentes, il me filait toujours des sugus. Autant vous dire que j'étais très motivé et que j'ai vite progressé !

A l'âge de 5 ans, je disais à mes parents que je me sentais plus sûr sur mes skis que sur mes pieds ! (Et pourtant je ne m'étais pas encore pris de pylône en pleine tête :)

J'allais en montagne le plus souvent possible, mon père m'a fait découvrir les régions qui nous entouraient, les montagnes suisses et valdotaines qu'il connaît par cœur.

Mon père avait une maison à Challand-Saint-Victor (où il est né), petit village de montagne de 585 habitants. Je me sentais tellement bien quand j'étais là-bas. Les gens étaient si simples, si chaleureux. Tout le monde se connaissait, la plupart de ma famille venait de ce village. C'est une région vraiment magnifique, paisible qui respire la sérénité !

Ce que j'éprouve depuis cet âge quand je suis en montagne est inexplicable.

Je ressens une telle énergie m'envahir quand je suis là-bas. Ca me prend aux tripes. Je peux rester des heures à contempler ces sommets enneigés. J'ai un énorme smile et rien ne peut m'atteindre. Je suis dans mon monde et c'est là que je communique avec la nature.

Il n'y a rien de plus beau pour moi. La montagne vit, bouge, change de face à chaque saison. Elle peut être tendre avec vous mais aussi vous faire peur. Elle vous laisse toujours un souvenir inoubliable. Ou que vous alliez, aucune ne se ressemble et toutes ont quelque chose d'exceptionnellement sublime.

J'ai parlé de ça à très peu de monde car à chaque fois, on me prend pour un timbré ! Je n'ai connu qu'une personne qui ressente la même chose que moi, et elle se reconnaîtra si un jour elle vient sur ce blog.

Il y a 7 ans, j'ai découvert le freeride. Je n'avais pas encore de skis larges et la portance de mes lattes dans la poudre laissait à désirer !

Les premières fois, je faisais des montées de 5 à 6h, les godasses de skis aux pieds et les skis sur le dos. La récompense ultime est quand tu arrives en haut, tu vois ce paysage magnifique et cette descente qui t'attend. C'est difficilement explicable.

Pendant plusieurs années, j'ai fait ce qu'on ne doit jamais faire ! Rider seul. Biensûre, j'avais un a.r.v.a. mais je sais très bien que si il m'arrivait quelque chose, je ne pouvais compter que sur moi et comme on le sait, souvent ça finit mal. Beaucoup me diront que c'est de l'inconscience, certes mais ce besoin est si grand pour moi que je ne peux pas lutter.

J'ai vécu une seule fois une coulée dans ma vie, c'était à Verbier. Je remercie la montagne de ne pas m'avoir emporté, de m'avoir donné la chance de la redécouvrir. Ce moment, je m'en souviendrai toute ma vie. Cette impuissance, cette peur, cette neige si lourde qui vous emporte. J'ai eu la chance de ma vie de pouvoir rester en surface et essayer de « nager » comme je le pouvais.  Un moment si intense, dans le mauvais sens du terme. Je touche du bois pour que ça ne m'arrive plus jamais.

Ce que j'aime dans le freeride, c'est la montagne, la glisse, la liberté, l'adrénaline et tellement de choses encore. Je me sens si bien. Je suis en communion avec la montagne, elle me laisse l'approcher, la toucher, la découvrir.

Je suis un passionné, un amoureux de la montagne. Rien ne pourra m'en séparer ni m'en éloigner. Elle a toujours été la, au fond de mon cœur, de ma tête et elle le restera jusqu'à ma mort.

J'espère seulement pouvoir concrétiser mes rêves, vivre de cette passion un peu plus tard. Je sais que je finirai mes jours là-bas, quels que soient les sacrifices que je devrai faire.

J'ai la chance d'habiter dans une région avec la vue sur plusieurs sommets magnifiques. Quand il fait beau, je vois un petit bout du Mont-Blanc, les Grandes Jorasses, la Dent du Géant, les Dents du Midi, le Grammont et les Cornettes de Bises, rien que ça !

J'ai toujours essayé de positiver malgré des passages très difficiles dans ma vie. Je ne préfère pas m'étendre sur le sujet mais après avoir vécu (soi-même ou dans la famille) des maladies graves, on ne peut sortir que plus fort et certaines choses qui prenaient une proportion énorme, deviennent tout d'un coup, assez futiles. J'ai de la peine à comprendre l'être humain en général. Ce matérialisme, ce nombrilisme et cet égoïsme qui sont présents chez la plupart des personnes. On dirait que rien ne les touche. Que la seule façon d'exister pour eux, c'est se plaindre à longueur de journée. Mais putain, regardez autour de vous, et vous verrez qui sont les privilégiés. On a une chance énorme d'avoir un toit sur nos têtes, de manger à notre faim  pendant que des populations entières sont décimées aux 4 coins du globe à cause des maladies, de la guerre et de la famine. C'est peut-être un peu simpliste comme je dis ça, mais je ressens ça à ma façon. Je déteste savoir que des gens souffrent et que je ne peux pas les aider.

Je suis un amoureux de la vie, je profite de chaque instant. Je déconne un maximum, je fais le débile (Voir mes vidéos) et peu importe ce que les gens peuvent penser de moi. Tout le monde devrait avoir cette philosophie… Se faire plaisir, être soi-même et profiter jusqu'au dernier souffle.


Bamboulé !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


Posté le 06/03/2007 | 54 consultations | 2 commentaires | Voir et commenter l'article

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