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L'évolution du ski extrême

C'est en 1977, appelée « année folle » que le ski extrême vit une véritable expansion. Plusieurs skieurs marquèrent de leur emprunte certains couloirs très convoités. On peut citer le couloir Jager au Mont-Blanc du Tacul et la Sentinelle Rouge au Mont-Blanc par Jacky Bessat. La face Nord du Col du Plan et le couloir Cordier à l'Aiguille Verte  par Yves Détry. La face nord de l'Aiguille de Peuterey et l'arrête de Peuterey au Mont-Blanc par Vallençant et Baud. Le couloir Eugster à l'Aiguille du Midi par Giacomini et encore bien d'autres…

Celui qui a le plus beau style selon Yves Detry est sans nul doute Laurent Giacomini, moniteur à Chamonix. Fini les petits virages courts à la Sylvain Saudan. Laurent faisait d'énormes virages à MACH 2. Une fluidité sans nom. Il inventa une nouvelle manière de skier.

On peut citer également Yan André pour se rendre compte de l'évolution de la technique. Pendant que Sylvain Saudan réalisait des petits virages sautés dans le couloir du Gervasutti, Yann en 2002 descendit le même couloir mais en enchaînant 6 courbes énormes.

L'altitude va aussi exercer une fascination énorme dans l'évolution du ski extrême. Il y avait une sorte de défi pour skier le plus haut possible. Le record d'altitude est longtemps détenu par Jean Afanassief et Nicolas Jaeger, 8'300 mètres lors de la première ascension française de l'Everest en 1978. Plusieurs on échoué à quelques mètres du toit du monde comme Pierre Tardivel en 1992 qui chausse à moins de 100 mètres du sommet. Dominique Perret et Jean Troillet en 1996 qui ne peuvent aller au sommet à cause des conditions météorologiques. Ils atteignent cependant 8'100 mètres et descendent une partie particulièrement difficile. La première descente complète et sans rappel de l'Everest appartient au Slovène Daro Karnicar en 2000.

Selon plusieurs skieurs extrêmes, la définition de ce sport est la suivante : Le ski extrême, c'est descendre des pentes qui font + de 45 degrés. Mais certains n'ont pas la même conception et Bertrand Delapierre et Marco Siffredi l'expliquent en ces termes : L'engagement, l'interdiction de rater un virage et de chuter sont les critères de l'extrême. Il est vrai que Marco, un snowboarder exceptionnel s'est distingué surtout en hautes altitudes. Il a réalisé le couloir Norton sur le versant nord de l'Everest. Marco Siffredi a voulu pousser encore un peu plus le ski extrême en altitude dès l'année suivante mais il a disparu dans le couloir Horbein sur sa majestée, l'Everest.


Je ne vous est pas encore parler de freeride comme vous avez pu le remarquer car il est évident que freeride ne rime pas forcément avec ski extrême. On peut pratiquer du freeride sans faire des pentes à 45 degrés mais il est vrai que beaucoup de freeriders recherchent les pentes raides et difficiles.


Petite définition du freeride

A l'origine, le freeride consistait à pratiquer un sport hors de tout cadre formel, souvent associé au plaisir des grands espaces naturels vierges, de la prise de risque et de l'absence de compétition.


Dans les années 90, le ski est en déclin car l'engouement pour le snobrrgrf, le surrr..., j'y arrive pas, c'est plus fort que moi :) L'engouement pour ce sport qui se pratique à l'aide d'une planche se fait de plus en plus présent. Le snowboard est souvent assimilé au hors-piste, aux descentes d'espaces vierges.

C'est à cette période que les américains décident de développer des skis plus larges, avec plus de portance pour les amoureux du hors-piste.

Depuis quelques années, le freeride s'est beaucoup développé surtout auprès des jeunes.  

Avec l'apparition des skis dont le patin s'est considérablement élargi, beaucoup de skieurs ont retrouvé le plaisir du hors-piste.

Bon nombre de mes potes snowboardeurs sont revenus au ski. Ils me disent prendre plus de plaisir.

La portance des ces nouvelles lattes dans la poudreuse se rapproche beaucoup du board.

Fini les traces de skieurs faisant de la godille.

Maintenant, c'est plus fort, plus vite, moins de virage et surtout + de plaisir !

Depuis que le freeride a été médiatisé, des dizaines de milliers de jeunes se sont mis dans la tête que faire du freeride "C'est cool" et ils racontent à leur potes qu'ils ont fait un couloir à 45 degrés et qu'ils ont plaqué un backflip sur une corniche de 10 mètres (j'exagère volontairement), Ca me fait bien rigoler. Déjà, si les gens qui se disent "freeriders" faisaient tout ce qu'ils prétendent, il n'y aurait que des Dominique Perret dans les stations. Je crois surtout que bon nombre estiment que faire du freeride, c'est descendre un couloir sous un télésiège ou près d'un téléski avec 15 cm de peuf.

Comme je l'explique dans ma présentation, à mes débuts (avant de faire de la peau de phoques) je faisais jusqu'à 5 heures de marche, avec les skis sur le dos pour atteindre le sommet que je m'étais fixé et descendre dans la poudre. Sans effort, le plaisir est moindre. Un espace vierge de toutes traces, voilà ce que j'aime. La randonnée pour ça et un sport génial car on est loin de toutes ces remontées mécaniques, bien plus proches de la nature. Le freeride pour moi, c'est une communion avec la montagne. (Lisez « Ma présentation »)   

Beaucoup de compétitions de freeride ont vu le jour ces dernières années. Je suis allé en voir une à Zinal le 4 mars 2007. J'ai parlé avec plusieurs jeunes qui faisaient ce contest et j'en ai pas trouvé un seul amoureux de la montagne. Il y avait même un gars de la station qui ne savait pas le nom des cinq 4'000 m de la Couronne Impériale. C'est la ou je veux en venir, pour moi le freeride n'est rien sans cette découverte de la montagne.

Je ne crois pas que ce soit une mauvaise chose que ce sport devienne médiatique comme il l'est actuellement, ça permet de faire connaître certains riders qui ont donné une bonne partie de leur vie pour concrétiser leur rêve. Néanmoins, dans ma conception, le freeride, c'est la LIBERTE et dans certaines compétitions, je ne vois pas ou elle se trouve.

Pour moi, l'héli-ski va à l'encontre de cette philosophie qui est la mienne. Payer un max de tune pour se faire poser en hélico sur une montagne, c'est pas mon truc. Cette pollution est néfaste pour nos montagnes. On apprécie d'autant plus une descente avec de la poudre jusqu'aux genoux après avoir monté 800m de dénivelé en peaux. Enfin bon, chacun est libre de ses choix.

Je crois que le plus important, c'est de se faire plaisir, alors que ce soit sur terre, sur mer, sur neige ou dans les airs, éclatez-vous et profitez un max de chaque instant !



Une pensée à tous les alpinistes, skieurs et snowboardeurs qui ont perdu la vie en montagne





Posté le 01/03/2007 | 43 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

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