Les différents types d'avalanches
Elle est formée de neige fraîche dont les cristaux sont enchevêtrés. Ces cristaux ne sont pas encore alourdis par la présence d'eau et permettent à la neige de tenir sur des pentes assez raides : c'est la cohésion de feutrage. Mais c'est un équilibre très précaire et la moindre perturbation ou même l'alourdissement par les chutes continuelles peut déclencher le glissement et donner lieu à des avalanches de poudreuse. Ces avalanches sont très fréquentes et très dangereuse car elles s'écoulent comme un "aérosol" et acquièrent une énergie considérable. Le souffle de l'avalanche est aussi surpuissant. Ces avalanches peuvent se déclencher plusieurs jours après les chutes si il y a peu de variations de température au sein de la couche de neige. En effet, les cristaux se colmatent et entraînent un tassement de la couche sous l'effet de son poids, ce qui fait disparaître la cohésion de feutrage.
L'avalanche de plaque
Elle est créée par l'action combinée de la neige déposée sur les pentes sous le vent et une mauvaise sous-couche. Sous l'action du vent, les cristaux se brisent et deviennent plus petits, ce qui leur permet de se souder entre eux. Cette très forte cohésion va solidifier la neige et elle va s'accrocher sur la pente comme une masse compacte. Si la sous-couche est mauvaise, l'ancrage est lâche et peut entraîner une avalanche de plaque. Parmi les phénomènes qui contribuent à créer une mauvaise sous-couche, il y a le givre des profondeurs ou neige pourrie qui se forme à la suite des variations de température entre le sol et la surface. L'avalanche de plaque est très traître car elle est imprévisible et peut se produire longtemps après une chute de neige, même lorsque les conditions sont idéales.
L'avalanche de neige humide
Elle se produit après un fort réchauffement qui humidifie le manteau neigeux. Ce sont essentiellement des avalanches de fonte qui ont lieu au printemps, mais elles peuvent parfois de produire pendant l'hiver en cas de fort réchauffement. Les avalanches de fonte sont la conséquence des phénomènes de gel et de dégel. Le dégel fait fondre les cristaux plus petits et l'eau ainsi créée va s'introduire entre les gros cristaux. Au regel, on obtient de nouveaux cristaux sans cohésion et qui sont encore plus sensibles au réchauffement. Après plusieures phases de gel et de dégel, la neige est tellement saturée en eau qu'elle perd toute cohésion et donne lieu à des coulées très lentes mais très lourdes et très puissantes.
Force des avalanches
Les petites avalanches peuvent être d'une épaisseur inférieure à
Les avalanches moyennes peuvent atteindre 1 à
Les grandes avalanches craquent sur 2 à 3mètres d'épaisseur, avec une largeur de
Quand peut se déclencher une avalanche ?
Le risque d'avalanche augmente pendant les grosses tempêtes et les périodes de dégel. Plus de ¾ des avalanches se déclenchent pendant ou juste après une grosse tempête.
Il n'y a pas de loi qui dicte la quantité de neige à partir de laquelle les conditions deviennent dangereuses : cependant, plus il y a de neige, plus grand est le poids, plus grand est le danger.
Plus la neige tombe vite, plus le danger augmente rapidement. Par exemple :
Où se déclenchent les avalanches ?
Les avalanches se déclenchent très souvent sur des pentes raides. Le degré de la pente est le facteur le plus important de déclenchement des avalanches. Plus la pente se raidit, plus la pression sur la neige augmente. Le 90 % des avalanches partent sur des pentes de 30 à 45 degrés mais en cas de neige très instable, elles peuvent survenir sur des pentes faibles, voir plates, qui sont surplombées de pentes raides. La fracture peut partir du bas de la pente et se propager vers le haut, libérant la plaque.
Le plus souvent, les avalanches se déclenchent sur des pentes sous le vent. Le vent soulève la neige des pentes exposées et la dépose sur les pentes protégées sous forme de plaque à vent. Les accumulations de neige soufflée sont dangereuses pendant 1 à 3 jours, par grand froid, voir plus longtemps. Ces accumulations de neige soufflée se forment souvent dans les pentes à l'abri du vent, situées derrière les crêtes et les échancrures (col, brèches) ainsi que dans les pentes situées au-dessous de grandes surfaces peu inclinées ou lors de rupture de pentes. Il est évident que plus le vent est fort, plus l'accumulation sera importante.
La température et le rayonnement sont également primordiaux.
Une hausse rapide de la température affaiblit le manteau neigeux et signifie danger. L'activité avalancheuse augmente souvent fortement le 1er jour de beau temps après une période de précipitations, à cause du réchauffement. Des températures constamment basses conservent le danger, car les tensions ne sont pas supprimées. Par contre, si la température baisse à nouveau de manière marquante après une hausse importante, cela conduit à une consolidation du manteau neigeux. Le réchauffement lent et répété du manteau neigeux, accompagné d'un refroidissement consécutif, conduit également à la consolidation du manteau.
Quant à l'exposition au soleil d'une pente, les pentes protégées (faces nord) ont une neige plus froide (la neige se refroidit même encore durant la journée par beau temps) et plus fragile et les avalanches sont plus susceptibles de s'y déclencher. Si la pente est suffisamment raide et les couches de neige assez fragiles, les avalanches peuvent glisser sur n'importe quelle pente, qu'elles soit longue ou courte. Arbres, buissons et rochers ont tendance à ancrer la neige, mais n'empêchent pas nécessairement les avalanches.
Estimation du degré d'avalanche sur le terrain
Après s'être renseigné sur l'échelle de danger du risque d'avalanche (www.slf.ch/avalanche) dont la probabilité de justesse est d'environ 80 %, le danger doit être vérifié sur le terrain. Les signes d'alarme et la quantité critique de neige fraîche sont les outils les plus importants pour cette estimation.
Les signes d'alarme sont :
- Les plaques de neige spontanées
- Les déclenchements à distance
- Les bruits de wouum
- Les fissures qui se forment en pénétrant sur le manteau neigeux
Les quantités critiques de neige fraîche sont de 10-
Formule 3x3 - Méthode des filtres pour l'appréciation du danger d'avalanches
L'ensemble des critères "3x3" constitue la base visant l'estimation classique du danger d'avalanches.
| | Terrain | Conditions | Facteurs humains |
|
1er filtre / Lors de la préparation de la course | -Comment est formé le terrain ? -Itinéraires ? -Ou sont les parties les plus raides ? -Quelles sont les expositions critiques ? -Altitude ? -Y a-t-il d'autres dangers : chutes, crevasses, chutes de sérac ? -… | -Bulletin d'avalanche -Prévision météo -Informations complémentaires -Questions du principal danger -… | -Qui sera présent ? -De quelles compétences disposent les participants ? -Qui est responsable ? -Tout le monde a-t-il l'équipement nécessaire ? -Tout le monde est-il informé ? -… |
| 2ème filtre / Au début et plusieurs fois pendant la course | -Mes représentations correspondent-elles à la réalité, en particulier concernant les dimensions, le relief, la déclivité et l'exposition ? -Itinéraire initial ? -Où puis-je observer le passage clé ? -Variantes possibles d'itinéraires ? -… | -Signes d'alarmes -Neige fraîche/Vent ? -Etat du manteau neigeux, est-il souvent parcouru ? -Temps, chaleur, visibilité, tendances météo ? -Degré du danger du bulletin ? -Question du principal danger -… | -Etat des participants ? -Influence d'autres groupes ? -Equipement OK ? -Contrôler le plan horaire -… |
| 3ème filtre / Avant les passages clés | -Déclivité, relief ? -Exposition ? -Proche d'une crête ? -Dimension de la pente ? -Altitude ? -Qui a-t-il au dessus/au dessous de moi ? -Dimension possible d'une plaque de neige -Choix de la trace -Zone en sécurité -… | -Quantité de neige fraîche -Accumulations -Chaleur -Visibilité -Vieilles traces -… | -Etat des participants ? -Hésitations -Alternatives / variantes -Tactiques : distance, skier dans les traces, définir un corridor, communication -… |
Que faire si vous êtes pris dans une avalanche ?
Pour survivre à une avalanche, il faut avoir de la chance ! Une personne sur trois survit à une avalanche.
Si vous êtes emportés :
Que faire si l'un de vos amis est pris ?
La mort peut survenir en quelques minutes, mais certaines victimes peuvent survivrent plusieurs heures sous la neige.
Il faut savoir qu'en Suisse, 80 % des alertes ont été données par téléphone portable.
Une alerte rapide, c'est une chose, mais fouiller la zone et trouver ceux qui sont ensevelis en est une autre. Un facteur crucial : le temps nécessaire à creuser. Une étude du Club Alpin Suisse a montré qu'il fallait déplacer 4m/3 de neige pour sortir une personne ensevelie sous
Pour finir, j'ai sélectionné quelques vidéos qui font froid dans le dos…
Caméras embarquées
http://www.youtube.com/watch?v=0fhbJRJmhlI Regardez juste le début…
Avalanche à Veysonnaz (et non pas Verbier comme indiqué sur la vidéo) le 14.03.2006. Le pire de tout, c'est le stop stop...
http://www.youtube.com/watch?v=6qVwIuznFW0
Preuve qu'il n'y a pas besoin d'une forte déclivité pour qu'une avalanche parte...
http://www.youtube.com/watch?v=2KYNh6dXjM0
http://www.youtube.com/watch?v=r9e4Fz7i5r8
Si vous croyez que c'est un gage de sécurité si il y a déjà des traces et bien regardez...
http://www.youtube.com/watch?v=rKGBtGbmDEA
Enormes avalanches...
http://www.youtube.com/watch?v=6wZhtcFBXXY
http://fr.youtube.com/watch?v=ZAiahFMqWHE
http://video.google.fr/videoplay?docid=708948051870566155
http://www.youtube.com/watch?v=8aAFcbr8euA
http://www.youtube.com/watch?v=B0RWLxOFGLY
Une pensée à tous les alpinistes, skieurs et snowboardeurs qui ont perdu la vie en montagne
Tout commence en octobre 2007 quand mon père me propose de vivre une aventure inoubliable…
Rallier deux capitales de l'alpinisme : Chamonix-Zermatt.
Cette Haute Route qui passe d'un horizon à un autre, qui culmine entre ciel et terre pendant des heures, mieux : pendant des jours. Cette randonnée glaciaire voisinant ces sommets de 4'
C'est d'abord la peur au ventre que je pensais à cette Haute Route… Souffrant d'une tendinite à la malléole, je n'espérais qu'une chose, que cette expérience magique ne se transforme pas en calvaire…
J'ai commencé à faire un peu de marche 3 mois avant en moyenne montagne.
Je devais y aller gentiment, réhabituer ma cheville à la marche mais comme très souvent, j'ai tendance à faire tout dans l'extrême et j'ai fait la connerie d'enchainer
J'ai vite du me rendre à l'évidence… Le repos complet était le meilleur des remèdes pour aborder cette longue marche qui m'attendait.
Je voyais mon père s'entraîner près de 5 fois par semaine, accumulant les dénivelés positifs (25'000 au total) en me sentant frustré de ne pas pouvoir m'entraîner avec lui. Des questions me trottaient dans la tête parmi lesquelles : Serais-je prêt pour le jour J ?
Lundi 14 juillet 2008…
Le Grand jour est arrivé… Nous arrivons à Montroc, vallée de Chamonix vers 12h30. Premier arrêt au restaurant qui se trouve en dessous des télécabines pour se remplir la panse et déguster une bonne bière.
Peu après, nous entamons notre montée par un agréable sentier qui monte au refuge Albert 1er.
Après 2 heures de marche, la vue s'ouvre sur les magnifiques séracs du Glacier du Tour et c'est sur la moraine latérale du glacier que notre chemin tisse ses lacets.
Je pète la forme, ma cheville ne me fait pas souffrir, j'accélère le pas pour aller à mon rythme et je laisse derrière moi, mon père et le guide.
Arrivé à
Je déguste ma première bière d'altitude à 2'
Nous nous rendons dans les dortoirs pour poser nos affaires, putain ce qu'il fait froid !!!
J'aide mon père à refaire son sac (qui lui a scié les épaules durant toute la montée) éliminant presque
Premier repas d'altitude : Choucroute !!!
Ca va être sympa dans les dortoirs...
Première nuit : Dormi 30 minutes à cause du froid et mon père n'a pas fermé l'oeil… 4 degrés, c'est pas le top, même avec des couvertures !
2ème jour :
Réveil vers 5h00 du matin, petit déjeuner avant de se retrouver rapidement sur le glacier. La neige du matin porte bien et la progression en cordée devient rapidement aisée.
4 heures de marche plus tard, nous arrivons à un passage assez « chaud » juste avant d'arriver au point culminant du col du Tour (3'
Un panorama splendide sur le plateau glaciaire du Trient se découvre.
J'ai l'impression d'être à 700m d'altitude, mes poumons ne sont pas en si mauvais état que ça, malgré les clopes ! Mon père souffre un peu de l'altitude mais tient quand-même.
Direction Col d'Orny à 3'
L'après-midi, nous nous dirigeons sur le sentier de
Notre première vraie douche nous attend et après 7h30 de marche, ça fait du bien !
Là-bas, nous faisons la connaissance avec un couple français super sympa, qui a prévu de faire le tour du massif du Mont-Blanc.
3ème jour :
La journée commence par un trajet en bus puis en taxi jusqu'au barrage de Mauvoisin. Région magnifique entourée de pâturages, de sentiers et du fameux Grand Combin dont les cimes culminent à 4'
Par les sentiers de
Les Choucas (une espèce de corneille) nous survolent tout au long du chemin et les cris des marmottes s'entendent à des kilomètres. Soudain, je m'arrête… Un bébé marmotte se dresse devant un caillou et me fixe. Malheureusement, je n'ai pas réussi à dégainer mon appareil photo assez rapidement… Trop mignon ce petit !
4 heures de marche plus tard (journée repos), nous arrivons au refuge Chanrion. Entouré de lacs magnifiques, cet endroit respire la sérénité. Là-bas, je fais la connaissance de jeunes de mon âge qui font également
La nuit passée dans ce refuge fut horrible ! Deux femmes (dont une très mignonne) dormaient juste à côté de nous. On s'est dit : Enfin, on va pouvoir passer une nuit sans gros ronfleurs à nos côtés… Kedal !!! C'était affreux, l'une d'elle ronflait tellement fort que j'avais l'impression que les parois du dortoir bougeaient :). Qu'est ce qu'elle en a pu scier du bois cette nuit là…
4ème jour :
Les choses sérieuses commencent réellement… En moyenne, 8 heures de marche par jour nous attendent à une a altitude de 3'
L'étape d'aujourd'hui commence par une petite marche dans les cailloux pour atteindre enfin le glacier d'Otemma, immense fleuve de glace, mais peu crevassé, avec ses crêtes acérées. Ce glacier d'environ
Quelques heures plus tard, malheur… C'est pas la cheville qui me fait souffrir comme je le redoutais mais mon genou. J'avais eu à l'époque une déchirure des ligaments croisés et comme souvent, ça ne se remet jamais très bien. Je serre les dents et nous arrivons gentiment vers le col de Charmotane, le Pigne d'Arolla n'est pas loin. Mon père souffre pas mal de l'altitude et malheureusement une bonne montée nous attend. Le temps commence à se gâter, nous devons nous hâter. Peu après, nous apercevons le refuge des Vignettes (3'
Arrivés au refuge, un énorme plat de rösti au fromage nous attend. Une petite sieste nous permet de récupérer un peu. Levé, je m'occupe un peu de mon genou en allant chercher de la neige dehors. Je la mets dans un sac plastique et essaie de refroidir ces ligaments enflammés.
5ème jour :
Il a neigé 5 à
Nous nous dirigeons sur le col de Charmotane pour emprunter le glacier du Mont Collon qui mène au col de l'Evêque (3'
Je prends 2 Tramal pour supporter cette douleur qui à chaque fois que je pose la patte, me brûle le genou. Je boîte bas…Alors que physiquement, je me sentais super bien, n'avais aucune gène quant à l'altitude et aux longues heures de marche, c'est ce con de genou qui me diminue. Comme souvent, la force mentale prend le dessus et je continue tant bien que mal…
Nous descendons du haut glacier d'Arolla qui se transforme par moments en eau pour remonter au Plan Bertol.
De là, une grimpée sur la moraine amène au glacier Bertol. Une montée mythique nous attend avant de rejoindre le refuge Bertol, encore assez éloigné. Mon genou va un peu mieux, je me sens en forme et je demande au guide si je peux monter à mon rythme. Il me dit que oui, pas de gros dangers mais il vaut mieux ne pas tomber sinon… Connaissant mon endurance, il me dit que je devrais l'atteindre d'ici 1h15 environ. Je dépasse plusieurs personnes à la montée qui semblent être à bout de souffle. Sans m'en rendre rendre compte, j'arrive au bas du refuge après 45 minuteset à peine essoufflé. Il ne reste plus qu'à monter les fameuses échelles et les câbles menant au nid d'aigle de la cabane Bertol qui est juchée à 3'
J'arrive dans la cabane et commande une grosse chope de bière accompagnée d'une ptite clope.
Je rencontre 2 guides qui ont suivi ma montée depuis la cabane et avec qui je discute. Ils sont dégoûtés ! Ils me demandent si j'ai pris des dopants et qu'ils ont rarement vu monter une personne à cette vitesse dans cette pente. Ça fait plaisir :). Je n'ai pas vraiment de mérite vu mon poids plume (
Le soleil illumine le fameux Cervin que j'aperçois enfin. Des nuages dansent autour de
2 heures et demi plus tard, mon père me rejoint péniblement. Le guide est lui aussi assez halluciné par la montée que j'ai effectuée auparavant et me dit qu'au rythme auquel je marche depuis le début de cette aventure, j'aurais pu la terminer en 4 jours..
6ème jour :
Descente à la frontale de la cabane Bertol et équipement au col. La plus belle étape de
Nous remontons le glacier du Mont-Miné en passant sous la pointe de
Nous arrivons enfin à Tête Blanche, point culminant de notre périple à 3'
J'ai rarement vu quelque chose d'aussi beau, d'aussi impressionnant de toute ma vie. J'oublie la douleur, j'oublie tout le reste, je suis dans les nuages, tout simplement dans mon monde à moi.
Peu après, nous entamons notre descente sur le glacier du Stockji, très tourmenté et impressionnant avec ses séracs et ses ponts de neige ouvrant sur des crevasses béantes.
Nous continuons la descente sur une arête séparant le glacier du Stockji de celui de Zmutt. Le paysage est grandiose, le Cervin est merveilleux. Arrivés au bas de la moraine, nous amorçons notre montée dans les éboulis morainiques, sur le glacier de Schönbiel qui là aussi génère un point de vue génial.
Plus que quelques mètres avant l'arrivée au refuge et j'aperçois deux mules dans les pâturages. Drôle de vision après n'avoir vu que des Choucas et marmottes pendant 6 jours.
2 grosses chopes m'attendent et je m'empresse de me changer pour les déguster avec une vue imprenable sur le Cervin.
Dernier après-midi dans un refuge… La fin du voyage est proche et une certaine tristesse m'envahit… Après ces 6 jours passés dans les montagnes, côtoyant les plus beaux sommets des Alpes, marchant de cabane en cabane au rythme de jours qui jamais ne se ressemblent, cette tranquillité, cet apaisement, ce plein d'émotions, je dois avouer que regagner la plaine ne m'enchante guère !
Mais comme tout montagnard qui se respecte, après l'effort, le réconfort ! Et c'est avec entrain que nous accumulons les verres pour fêter cet événement.
Autant vous dire que le refuge est plein (comme tous les autres) et que nous ne sommes pas les seuls à fêter ça. Par contre, nous serons les derniers à partir de table, aux alentours de minuit.
Les quelques mètres qui nous séparent des dortoirs ne sont pas les plus faciles à effectuer malgré tous les kilomètres avalés ces derniers jours.
7ème jour :
Dernière étape du raid. Le sentier descend doucement à travers les alpages fleuris et les célèbres greniers de Zmutt jusqu'à Zermatt. Notre périple se termine doucement après une petite marche de 3h30 environ sous le regard omniprésent du Cervin et de sa couronne des 4'000 : Breithorn, Castor, Pollux, Lyskamm et Mont-Rose.
Voilà, nous arrivons enfin au but, entiers et bien vivants, remplis de souvenirs inoubliables, le cœur serré de retrouver cette civilisation et de quitter ces montagnes d'une beauté abyssale.
Ca été une expérience mémorable, nous n'avons rencontré que des gens sympas, ouverts avec cet esprit montagnard qui les caractérise.
Je suis heureux d'avoir pu partager cette expérience hors du commun en compagnie de mon père que je remercie et dont je suis fier. J'espère qu'à son âge je tiendrai aussi bien la (haute) route !
En voilà un sujet qui est vaste !
Bon, je ne vais pas vous parler de ce que je ressens pour la montagne, car j'en ai déjà parler dans ma présentation mais je vais plutôt aborder le côté découverte. Il y a beaucoup de chiffres mais je crois qu'il est aussi intéressant de connaître ça.
Je vais peut-être commencer par les Alpes valaisannes.
Il faut savoir qu'il y a 41 sommets à plus de 4'
3 en Val d'Aoste : Valtournanche, le Val d'Ayas, la vallée du Lys
2 en Piémont : le Valsesia,
2 en Valais : la vallée de Saas Fée,
Le Mont-Rose comporte 8 autres pics distincts : le Nordend (4'
Le Dom (4'545 mètres) est situé dans le massif des Mischabels. Il est le 3ème plus haut sommet des Alpes Suisse et il est entièrement situé en Valais, à l'ouest de Saas-Fee ce qui fait de lui le sommet le plus élevé qui est complètement dans le territoire Suisse. 1ère ascension le 11.09.1858 par J.L. Davies, Johann Zumtaugwald, Johann Kronig et Hieronymous Brantschen
Le Liksamm est une montagne à l'est du Cervin et à l'ouest du Mont-Rose entre le Valais et le Val d'Aoste. Il a un sommet oriental (4'527 mètres) et un sommet occidental (4'480 mètres). Surnommé parfois "le mangeur d'hommes". 1ère ascension le 19.08.1861 par beaucoup de monde et je vous les citerai pas tous :).
Bon, je ne vais pas vous citer les 41 sommets mais plutôt en choisir quelques uns.
J'ai fait beaucoup de routes, vu énormément de montagnes et il y a un endroit en Suisse que je vous recommande tout particulièrement. C'est le Val d'Anniviers. De là, vous pourrez admirer une vue imprenable sur
Le Weisshorn (4'
Le Cervin (4'
Le Zinalrothorn (4'
L'Obergabelhorn (4'
2 montagnes me tiennent particulièrement à cœur. Castor (4'
Je vais m'arrêter là pour les Alpes valaisannes et je vais vous parler un peu du Mont Blanc.
Le Mont-Blanc est le plus haut sommet de la chaîne des Alpes. Il culmine à 4'
La première ascension par Jacques Balmat et Michel Paccard date de 1786.
On considère assez faussement que son ascension est facile mais longue. Quand on le regarde depuis les Aiguilles du Midi, le Mont Blanc ressemble à « une jolie colline enneigée » à 1'
Détrompez-vous, le Mont-Blanc fait de nombreuses victimes chaque année. Les chutes de pierres y sont très fréquentes.
C'est l'une des montagne les plus visitées de la planète.
Le massif du Mont-Blanc comporte plusieurs sommets dotés d'un nom assez "rigolos". Exemple : Pain de Sucre, Aiguille du Fou, Dent du Crocodile, Dent du Caïman, Dent du Requin, Aiguille des Ciseaux, Bec d'Oiseau et encore bien d'autres...
4 sommets d'Europe sont plus élevés que le Mont-Blanc, il s'agit de l'Elbrouz (
Sommets à plus de 8'
Il y a 14 sommets à plus de 8'
8 027 Shishapangma
Le plus connu de tous est biensûre l'Everest. Il se situe sur la frontière entre le Népal et le Tibet. Son nom népalais et Sagarmatha ce qui signifie front du ciel et en tibétin, la déesse de l'univers. Depuis sa première ascension en 1953 par Tensing Norgay et Edmund Hillary, il y a eu plus de 10'000 ascensions qui ont été tentées et 1'659 personnes sont arrivées au sommet. C'est peut-être peu par rapport aux nombres d'alpinistes sur la planète mais cette ascension est devenue une véritable "course à l'argent". Bon nombre de personnes qui ne connaissent que très peu la montagne, qui n'ont pas les aptitudes physiques et surtout mentales tentent chaque année de gravir le sommet. Ils paient très cher pour y aller et le nombre d'autorisations pour gravir cette montagne est très limitée.
Je voudrais rendre hommage au peuple Sherpas. On en parle très peu souvent et sans eux, aucune de ces ascensions n'auraient pu avoir lieu.
Sherpa signifie peuple venant de l'Est.
Le peuple Sherpas est une ethnie d'origine tibétaine. Ce sont des montagnards habitués à la rigueur et la difficulté de l'altitude. Ils sont dotés de facultés d'adaptation physiologiques uniques.
Ils vivent pour la plupart de la culture de patates, sarrasin et de l'élevage de yak. Pour les plus « chanceux », ils sont porteurs et guides pour toutes les personnes qui veulent gravir l'Everest. De jeunes enfants portent déjà des charges qui sont plus lourdes que leur poids. Un Sherpa adulte porte souvent jusqu'à 150 kg sur le dos !!!
Ces hommes qui font ça pour une question de survie (région très pauvre) sont d'un courage et d'une volonté incroyable. Ils connaissent leur montagne par cœur et vouent un véritable culte pour l'Everest.
Le K2 est un sommet qui se situe sur la frontière sino-pakistanaise. Il a été appelé comme ça par T.G. Montgomery en 1856 qui le baptisa Karakoram 2 (Karakoram = massif dans la région montagneuse de Gilgit-Baltistan).
Il est considéré comme bien plus difficile que l'Everest.
L'Annapurna est un sommet de l'Hymalaya et il comprend 6 sommets secondaires. C'est le premier sommet de plus de 8'
Pour faire une comparaison, en 2000, 1314 ascensions à l'Everest : 167 morts, pour l'Annapurna, 109 ascensions, 55 morts.
Je voudrais dire à quel point je suis admiratif devant tous ces alpinistes chevronnés qui ont gravi de telles montagnes. On ne se rend pas vraiment compte de la difficulté de ces exploits. Du temps d'adaptation qu'il faut pour que le corps s'acclimate à l'altitude. Les camps de bases ne sont pas la pour rien.
La force mentale joue + que la force physique à une certaine altitude. A
Respect total à toutes ces personnes qui ont gravi de tels sommets.
Une pensée à tous les alpinistes, skieurs et snowboardeurs qui ont perdu la vie en montagne
Petite présentation de la région d'où je suis originaire.
Il faut savoir que
Seul le bas de la vallée centrale de
Quatre grands sommets mythiques gardent le val d'Aoste.
Le Mont-Blanc ferme le haut de la vallée centrale (
Le versant sud du Cervin, monument légendaire autant que montagne mythique, est entièrement valdôtain et veille sur le Valtournenche.
Du haut de ses
Enfin, le seul des massifs valdôtains entièrement situé en territoire italien est le Grand Paradis (4061m). Au sein du parc national du même nom, il protège les espèces les plus nobles de la faune et de la flore alpines.
Avec ses
La Thuile, qui forme avec la station française de Rosière l'espace San Bernardo, et la zone de Champoluc sont parfaitement équipées mais ne peuvent rivaliser avec les trois stations reines que sont Courmayeur, Cervinia-Breuil et Pila
A
Pour les skieurs les plus hardis, la traversée en hors-piste de
La station de Cervinia Breuil, située à